Dans ma maison...
Notre petite caravane débarque, l`on sort les bagages, la nourriture et entrons tous dans cette immense maison qui sera ma demeure pour les deux prochaines années…
Comme c`était tout probablement l`ancienne maison d`un colon français, tout est grand, pour ne pas dire démesuré. La hauteur du plafond me laisse pantois, certainement un bon 4 1/2 mètres, tellement haut que plus tard, en voulant chasser des lézards, je devrai monter sur une chaise avec un balai et atteindre avec peine cette petite bête que je saurai, toujours plus tard, inoffensive, utile et même porte-bonheur !
Deux grandes chambres une salle de bain avec un antique et énorme réservoir juché presque au plafond, une salle de séjour immense, avec son massif bahut, une autre plus réduite comme entrée, une minuscule cuisinette, et tout plein de fenêtres avec volets extérieurs, en bois, comme en Europe.
Le plancher est en tuiles de céramique, et comme la bâtisse elle-même est en béton, malgré la chaleur extérieure, l`air y est frais et même confortable, mais bon dieu qu’il y a de la poussière, partout, sur le plancher, sur les murs, les fenêtres, les meubles, et notre première tâche est de passer le torchon et de faire un peu de ménage…
Soudain, tout à notre travail, l`on entend un cri de désespoir provenant de la cuisinette, Aie !!!...Diane, la femme de Bernard Bastien est en train d`y laver des verres lorsqu`elle aperçoit une bestiole, genre de gros barbeau poilu essayer de sortir de l`un d`eux qu`elle tient dans les mains… On accourt vitement pour voir ce qui lui arrive… et après avoir supprimé ce visiteur impromptu, et la finition d`un ménage sommaire mais nécessaire, nous prenons un repos bien mérité autour de la grande table, devant un menu frugal mais varié, un bon vin, des gâteries comme dessert et des souvenirs et anecdotes à raconter, et de beaux souvenirs à se rappeler plus tard…
Mes visiteurs étant repartis, me voilà maintenant seul, face à mon prochain défi, de taille celui-là, essayer de remplir le mieux possible le mandat que l`on m`a confié, tout en appréciant une nouvelle expérience de vie extraordinaire qui s`offre à moi !
¨Allahou akbar, Allahou akbar, Allahou akbar, Allhou akbar
Achhadu an la ilaha illallah….¨.
La voix du muezzin me réveille en sursaut, surtout qu`une mosquée doit être tout proche de ma maison et avec leur système de haut-parleurs, le tout est amplifié à l`extrême… Et bien entendu que je ne peux plus me rendormir, même s`il est très à bonne heure, et je devrai faire mon deuil de grasses matinées potentielles durant mon séjour à St-Louis… mais que voulez-vous, nous sommes dans un pays musulman et il faut vivre avec cette réalité incontournable !
Donc, après un copieux petit déjeuner, j`étais bien décidé à vivre pleinement ma nouvelle vie en terre étrangère en tant que coopérant volontaire. Au fait, savez-vous pourquoi le mot ¨volontaire¨ est accolé à celui de coopérant ? Tout simplement parce que le statut de coopérant volontaire en est un de bénévolat, dans une certaine mesure. Ainsi, en autant que je suis concerné, mon transport outre-mer, le loyer, ainsi qu`une allocation de subsistance sont payés par le CECI, de même qu`une automobile et le soutien logistique, et à la fin du contrat, une somme symbolique. Mais je dois payer le gardien, la nourriture, l`habillement, l`eau et l`électricité, de même que mes dépenses de loisirs.
Puis, l`essence et l`entretien de l`auto, ainsi que l`appui d`un homologue de traduction lors de mes contacts avec les populations visitées sont payés par Plan International, un organisme qui me supporte et me chapeaute durant mon mandat.
Par contre, un coopérant ou chargé de projet reçoit ordinairement un salaire régulier et est pris totalement en charge par son organisme.
Je vais donc faire connaissance avec mon gardien, Ibrahima, un bon monsieur, assez âgé, père d`une nombreuse famille et qui, malheureusement pour moi, ne parle que le Wolof, le dialecte le plus utilisé au Sénégal. Il habite en face de ma maison, mais passe pratiquement tout son temps dans le fond du garage, assis sur un lit rudimentaire. Il chantonne des genres de prières, se prépare un thé sur un minuscule poêle au charbon, circule à l`intérieur du terrain, arrose et entretien son petit jardin. J`apprendrai presque à la fin de mon mandat malheureusement, que c`est un excellent guérisseur à partir des plantes médicinales et possédant un bagage extraordinaire de connaissances dans ce domaine ! Peur être que j`aurai la chance, plus tard, de le rencontrer à nouveau, dans une autre vie … où il pourra à loisir, dans une langue commune, me faire part de son expérience de vieux sage !
http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9n%C3%A9gal
Fricot
