40,000 kilomètres dans la brousse ! (3 de 3)
Dans ce dernier volet relatant mes petites aventures en Suzuki, et tout probablement l'un des derniers messages de mon aventure au Sénégal, j'aimerais revivre avec vous quelques courtes images qui ont marquées davantage ma mémoire...
Comme cette dame qui sort de sa case, un tout petit bébé dans les bras, pour nous expliquer tout gentiment qu'elle a accouché la veille de ce joli poupon, et que son mari, étant parti travailler dans les champs, elle doit continuer à accomplir ses tâches journalières, et ce,malgré sa grande faiblesse et la chaleur accablante du moment... tout en conservant un beau sourire et demeurant optimiste face à la vie !
En arrivant dans un tout petit village, de la fumée s'élève au dessus de la couverture végétale, les gens courent, qui avec un petit plat d'eau, quelques autres avec des sacs de jutes, d'autres avec un genre de grand balai fait de branches, essayant d'éteindre le feu qui se propageait sur le toit en paille d'une case. Nous nous arrêtons évidemment, et aidons ces braves gens en faisant la chaîne pour apporter de l'eau, et heureusement, après quelques minutes de travail accéléré de tous, ce début d'incendie est maîtrisé, au grand soulagement des villageois car les autres cases à proximité auraient pu y passer également.
Et l'image de cet âne, attaché à un poteau, tout décharné, le corps remplie de plaies où pullulent un nuage de mouches, attendant avec résignation une mort certaine et éminente... Image de tristesse, même pour un animal, car montrant cette fin malheureuse après avoir sans doute fourni toute sa vie un travail dur et épuisant,..
Lors d'une visite de travail dans la région de Dakar, la saison des pluies étant exceptionnellement forte,certains quartiers où j'avais à circuler étaient tellement inondés que l'eau atteignait le niveau du moteur du petit camion, et je craignais fort de tomber en panne parmi les détritus qui flottaient, et la perte de repères pour recevoir de l'aide... Mais ici encore, la chance m'accompagnait et je retrouvai avec joie un chemin plus acceptable ! 
Dans certains villages où les jeunes étaient particulièrement nombreux, ils semblaient m'attendre car dès que je me pointais aux abords de ces villages, ils étaient nombreux à m'accueillir, sachant que j'avais ma petite marionnette à leurs présenter, et de la fenêtre de mon camion, je la faisais ¨parler¨, faire des pirouettes, au grand plaisir de ces jeunes... un plaisir renouvelé, autant pour eux que pour moi.
Puis, je sortais mon ¨freesbee¨, et pendant plusieurs minutes, on se l'échangeait, et moi, de temps en temps, je simulais que je l'avais reçu trop rapidement, me faisant tomber à la renverse... les faisant éclater de rire !
Dans un village, une fois par moi, on procédais à un genre de cagnotte où, de la menue monnaie accumulée par plusieurs villageoises était dévolue à l'une d'elle, à son grand plaisir de pouvoir disposer d'un petit revenu supplémentaire pour la famille.
Lors de mon départ, dans un village nommé Keur Abou Dia, petit village sympathique, tous étaient venus me saluer une dernière fois, et à un moment donné, je me mis à appliquer des petits motifs auto-collants sur le front des jeunes... ils en redemandaient, mais les adultes en voulaient également... et à mon départ, tous, jeunes et adultes avaient un petit auto-collant sur le front, et un grand sourire aux lèvres !
Enfin, dans un autre village, on m'avait réservé une surprise toute spéciale... en effet, on avait loué un chameau, très rare car presque tous disparus lors du conflit avec la Mauritanie voisine, et je fis donc ma première et unique ballade de ce genre de véhicule, presqu'autant cahotant que mon Suzuki...
Des villageois sympathiques, chaleureux, simples, et remplis d'une sagesse qui m'a marquée, même après plusieurs années, et dont le souvenir ne s'effacera jamais de ma mémoire...
Pégé
40,000 kilomètres dans la brousse ! (2 de 3)
Comme je visitais régulièrement un village différent pratiquement à tous les jours, vous comprendrez que de ces petites anecdotes de route étaient nombreuses, et comme déjà mentionné, sans suite fâcheuse heureusement pour moi...
À la fin d'une rencontre dans un village lointain, à mon retour, je décide, à un moment donné, de prendre un raccourci, en passant sous un énorme arbre qui m'était inconnu. En arrivant au Centre de Plan International, tout en dégageant mon bagage de soutien, je remarque que l'un des pneus de mon véhicules est presqu'à plat, criblé de longues épines dures comme du métal... et en vérifiant les autres pneus, d'autres épines de la même famille s'étaient fait un plaisir de se payer une ballade gratuite à mes frais, et bien entendu, la pression de chaque pneu diminuée dangereusement. Résultat, 4 réparations de pneus, tout en pensant à ma malchance d'avoir voulu prendre un raccourci de quelques mètres et surtout, à ma chance incroyable que ces crevaisons ne se soient pas manifestées en court de route... imaginez... 4 pneus à plat en pleine brousse, et à des dizaines de kilomètres de tout point de service ! 
Comme je travaillais dans une zone climatique tropicale, même si la chaleur n'était pas torride, elle m'obligeait quelques fois à utiliser le système de climatisation, mais comble de malchance, il semblait y avoir un problème de fonctionnement, et après un certain temps d'opération, la température du moteur s'élevait dangereusement, m'obligeant à devoir me passer de cet air frais, et de prendre mon mal en patience... jusqu'à ce que l'on change le carburateur défectueux !
Quelques fois, lors de ces visites dans un village, j'avais à amener avec moi deux homologues au lieu d'un, et mon ¨plaisir¨, sans méchanceté vous comprendrez, était de m'engager volontairement quelques peu hors des sentiers réguliers, déjà cahoteux, pour en aborder d'autres encore plus cahoteux à souhait, et l'un des homologues, installé sur une petite banquette surélevée, à l'arrière, en subissait les soubresauts qui lui amenait la tête presqu'au niveau du plafond, et moi, ¨innocemment¨, je m'excusais de ce léger désagrément ¨involontaire¨, mais qui se terminait toujours par un grand éclat de rire de nous trois, car nous formions une équipe de partage et d'amitié...
À suivre,
Pégé
40,000 kilomètres dans la brousse ! (1 de +)
Lors de mon arrivée au Sénégal, le CECI m'a offert un petit véhicule, genre tout-terrain, de marque Suzuki, afin de pouvoir me déplacer facilement dans l'exercice de mon projet de valorisation des plantes médicinales auprès de nombreux villages de la région de St-Louis. Et à ma grande satisfaction également, car je le connais bien, en ayant eu un durant plusieurs années.
Dans mes tout premiers messages vous racontant mes aventures en brousse, je vous décrivais un voyage où je dû composer avec le sable mouvant, autant sur des pistes minuscules que de devoir rouler sur les bords de grève de l'océan Atlantique...Mais heureusement,rapidement, j'appris à apprivoiser ce sable instable et ses pistes cahoteuses pour en faire même mes alliées à certaines occasions !
Étant habitué, ici au Canada, a avoir tous les services à porté de mains lors de déplacements en automobile : stations de réparation et d'essence au besoin, téléphone, aides expérimentés, etc..., rien de tout cela en brousse, et me retrouver en panne, à 10 ou 15 kilomètres de St-Louis m'auraient certainement causé d'importants problèmes logistiques qui heureusement, ne se sont jamais concrétisés... une chance incroyable lorsque je me remémore tous les souvenirs de cette belle aventure africaine.
Et ce sont ces souvenirs que j'aimerais partager avec vous, en toute simplicité...
A deux occasions toutefois, je me suis momentanément retrouvé en situation de problème automobile : Arrivé dans un village dont je connaissais bien le chemin, loin dans la brousse, je fais mon travail normal de contacts et de dialogues avec un groupe de villageois, et en voulant repartir, je tourne la clef de démarrage, et au surprise désagréable, rien... seulement un bref clic que je répète à quelques reprises, mais sans succès. J'ouvre le capot avant et je jette un coup d'oeil aux nombreuses composantes du moteur, brasse quelques câbles et je recommence le même scénario à l'intérieur, et toujours le même clic sinistre. Que faire, moi qui ne suis pas un spécialiste en mécanique...je demande alors à mon homologue de sortir et de vérifier les câble de la batterie, et oh miracle... le doux murmure du ronronnement du Suzuki se fait entendre à mes oreilles, bien heureux de m'en être sortie à si bon compte !
Lors d'un autre voyage dans un village situé en bordure d'un des bras du fleuve sénégal, nous étions dans la saison des pluies, saison généralement courte, avec peu de précipitations, mais qui quelques fois, déroge de ses habitudes. Ici également, le chemin m'est familier, mais plus j'avance, plus il y a des marres d'eau de chaque côté de la piste, et tout en demeurant prudent et attentif, je continue à avancer, mais soudainement, au loin, je m'aperçois qu'au lieu de cette piste, c'est le miroitement de l'eau ! Y en a t-il beaucoup ? Est-ce que le sol est devenu instable ? Est-ce que je pourrai revenir sur mes pas ? Autant de questions sans réponse, et dans le doute, je décide de rebrousser chemin. Je fais débarquer mes deux homologues qui m'accompagnent cette fois-ci, afin d'alléger le véhicule, leurs demandant de surveiller si je n'aurrai pas tendance à m'embourber lors de mes manoeuvres de contournement, et tranquillement, mètre par mètre, je reviens doucement dans la direction inverse, et après avoir embarqué à nouveaux mes compagnons de voyage, nous revenons à St-Louis, bien heureux que notre petite aventure se soit bien terminée !
Pégé
Ma vision des ONG en terre sénégalaise...et ailleurs dans le monde ! (2 de 2)
À titre d'exemple vécue, j'aimerais revenir sur la pépinière que j'avais érigée tout près de ma demeure, et qui, comme expliqué dans mon précédent message, a dû être détruite au complet à la fin de mon mandat comme coopérant volontaire. À quelques 10 kilomètres de St-Louis, fut inaugurée durant mon séjour la-bas, l'Université Gaston Berger, dans un immense terrain dans la brousse, et il me semble qu'il aurait été utile et constructif d'examiner la possibilité d'y continuer ce travail sur les plantes tropicales et même, d'y impliquer l'un des homologues sénégalais qui s'en occupait activement, et qui avait déjà une bonne expérience dans ce domaine.
Car ce qui semble être trop souvent oublié dans le travail des ONG, c'est la continuité dans un projet lorsqu'il est terminé, et plus important encore, que ce projet soit à la mesure des capacités humaines et financières de ceux qui en héritent... et ici, les Sénégalais eux mêmes, afin que ce ne soit pas un ¨cadeau empoisonné¨ ! Ainsi, je reviens sur le projet des 30 éoliennes parlé dans mon précédent message... une merveilleuse idée, tout probablement, avec de bonnes intentions, mais qui devait demander énormément de compétences pour son entretien, et du financement à long terme.
Les Sénégalais, comme tout autres peuples africains qui se voient offrir un quelconque projet ne le refuseront pas, en général, pour ne pas décevoir les proposeurs, mais tout en n'ayant pas nécessairement besoin de ce projet dans leurs priorités quotidiennes. Et l'approche idéale, serait de leurs demander justement ces priorités, et leurs expliquer toute la problématique qui en découle, autant du côté ressource humaine locale qu'une implication individuelle à court, moyen et même à long terme.
Voici quelques commentaires extérieurs concernant le travail et l'aide des ONG auprès des pays en développements :
* Les ONG, pour quoi faire ?
¨Alors que la bataille contre l’OMC vient de connaître un premier succès qui doit servir de point d’appui pour accroître la brèche ouverte, les ONG reviennent sur le devant de la scène - ce fut le cas également lors des Sommets des Nations Unies à Rio, Pékin, Copenhague... Même si cette victoire est le produit du refus combiné et contradictoire de la résistance des pays du Sud, des forces politiques et syndicales progressistes des grands pays industriels du Nord ainsi que de nombreuses ONG du Nord comme du Sud. N’allons pas trop vite à vouloir caractériser ce qui vient de se passer comme l’émergence d’une mondialisation citoyenne. C’est tout de même un concept un peu flou¨... (Lire la suite)
http://www.gabrielperi.fr/Les-ONG-pour-quoi-faire
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* Le rôle des ONG dans la politique de développement : forces et limites, légitimité et contrôle !
¨L’utilisation du terme « organisation non gouvernementale » (ONG) s’est généralisée depuis plusieurs décennies, alors qu’il ne couvre pas des réalités précises et qu’il est difficile à définir exactement. Les ONG bénéficient d’un grand prestige auprès de la population, mais on connaît finalement assez peu leur travail et le terme même d’ONG est très vague. Se peut-il qu’elles soient si appréciées parce qu’on les connaît finalement si peu ?¨... (Lire la suite)
* Photo : L'Université Gaston Berger, St-Louis, Sénégal
Pégé
Le travail des ONG en terre africaine... utile ou non !
Salut à tous,
Ceux qui ont parcouru mon précédent message concernant le suivi apporté par les ONG après la concrétisation d'un projet ont pu remarquer le côté critique de certains commentaires, et je reviens expliciter davantage cette vision de leur implication.
Bien entendu que tout aide reçue est quelque chose de positif à la base, et on ne peut que l'apprécier de la part de ceux qui la recoive, mais il arrive malheureusement que cette aide, lorque complétée ou surtout, après que les donneurs soient partis, cette aide tourne au problème, à l'abandon, et bien entendu, à une frustation pour ceux qui voient leur espoir réduit à néant...
Revenons, si vous le voulez bien, à la grande pépinière que j'avais érigée près de ma demeure... À quelques 10 kilomètres de St-Louis, a été inaugurée, durant mon séjour, la grande université Gaston Berger, dans un immense terrain dans la brousse, et il m'aurait semblé normal et utile que l'un des 3 homologues sénégalais, formé à la culture et l'entretien de la pépinière puisse pouvoir continuer ce travail dans cet établissement, au bénifice de la population. Dans la vidéo que je mes en lien, vous verrez que quelques temps plus tard, une section agricole y a été implantée. http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/0-toutes-les-videos/108410-reportage-senegal-luniversite-gaston-berger-de-saint-louis
Ma vision des ONG en terre sénégalaise et ailleurs dans le monde ! (1 de +)
Après plus de 50 messages décrivant avec grand plaisir mes souvenirs au Sénégal, j'aurais bien encore quelques anecdotes à vous raconter, et j'y reviendrai peut être avant de terminer définitivement ce sujet...
Après un recul de plusieurs années, et étant toujours intéressé à ce qui se passe en Afrique ou ailleurs dans le monde concernant l'aide à y partager avec ceux qui en ont le plus besoin, j'aimerais apporter quelques commentaires personnels sur le travail des ONG, car tout n'est pas parfait, même avec les meilleures volontés du monde.
Ayant passé un peu plus de deux ans au Sénégal, et même cantonné en permanence dans la ville de St-Louis, et les quelques voyages à Dakar et autres villes du pays, je me suis souvent posé la question à savoir la pertinence et l'utilité réelle des ONG pour la majorité des Sénégalais !
Remarquez qu'il n'est pas question ici d'un jugement négatif sur ces organismes qui oeuvrent depuis de nombreuses années mais tout simplement de faire un survol des travaux accomplis et leurs réelles utilités pour ceux qui en ont vraiment besoin !
Lors de mon premier voyage vers St-Louis, nous formions une petites caravanes de 4 véhicules, dont la plupart, des coopérants volontaires, et l'un d'eux venait y relancer l'étude et la rentabilité d'environ 30 gigantesques éoliennes érigées un peu partout au pays, plusieurs années auparavant par une ONG belge je crois, mais qui n'avaient semble-il jamais donné un seul kilowatt d'énergie, et demeurant toujours clouées au sol, comme des baobabs desséchés...
A mi-chemin de ce voyage, un genre de serre surmontée de panneaux solaires qui semblent inutilisée et à l'abandon...Dans la région de St-Louis, j'ai été à même de constater que plusieurs villages possèdent plusieurs puits, dont un, en ayant 6 en ligne, côte-à-côte, complètement à sec, et je me demandais l'utilité d'en construire autant lorsqu'on sait bien que la source d'eau disponible était la même !
Une coopérante venue d'Allemagne pour 3 mois, vint y planter plus de 100 bananiers dans un seul village, mais qui malheureusement, périrent tous rapidement, faut de connaissances de base des villageois sur sa culture et d'un suivi indispensable pour en assurer leur survie !
J'ai personnellement érigé et maintenue une grande pépinière tout près de ma demeure, avec des dizaines de variétés de plantes tropicales utiles pour les populations rurales mais dès la fin de mon séjour en terre africaine, j'ai dû, à mon grand regret, remettre le tout à son état original, i.e. tout éliminer ce qui ressemblait à une pépinière et ne pouvoir donner que seulement quelques plants...Ayant intéressé quelques villages à commencer de petites pépinières, là encore, aucun suivi de planifié après mon départ, même si trois jeunes homologues sénégalais, formés durant deux ans à ce genre de travail auprès des populations villageoises auraient pu y donner suite avantageusement...
À suivre,
Pégé
Un visiteur d'exception !
À mi-chemin de mon projet au Sénégal, je reçois un jour une lettre de Michel, le plus jeune de mes deux fils, m'expliquant qu'il aimerait venir passer quelques semaines à St-Louis, histoire de partager avec moi le quotidien d'un coopérant volontaire !
Bien certain que j'accepte avec grand plaisir cette demande inattendue, et après quelques correspondances s'échelonnant sur plusieurs semaines, je me prépare fébrilement à partir pour Dakar où je dois l'accueillir à l'aéroport locale.
Après une nuit passée au Centre administratif du CECI, nous reprenons la route vers St-Louis. Michel est tout yeux afin de pouvoir admirer ce paysage tout nouveau pour lui car c'est un premier voyage en terre africaine : Les monstrueux baobabs à la sortie de la ville, petits villages typiques en bordures de chemin, quelques villes importantes, un ciel tout bleu, et la chaleur tropicale...
Et après quelques heures de route, notre arrivée à St-Louis...Après quelques jours de repos afin de s'acclimater quelque peu aux côtés exotiques de son pays d'accueil, il se sent d'attaque pour m'accompagner régulièrement en brousse, lors de mes visites presque quotidiennes dans de nombreux villages de la région.
Et durant près d'un mois, il emmagasine un vécu d'images, d'odeurs, de contacts humains sur le terrain, cette réalité sénégalaise : Visites et présentations auprès du personnel de mon partenaire d'accueil, le Plan International, auprès des villageois, de la ville même de St-Louis, de sa plage immense et désertique, en bordure de l'océan Atlantique, des marchés colorés et mouvants, de promenades dans les rues de mon quartier...
Et comme le temps n'a pas le temps de s'arrêter afin de pouvoir poursuivre encore un peu cette belle rencontre exceptionnelle, c'est le retour à Dakar, visite de cette immense capitale, d'une léproserie en banlieue et un dernier au revoir à l'aéroport...
Pégé
Le moringa, mieux qu’un supermarché !
Je viens de trouver un article extrêmement intéressant concernant un petit arbre, le Moringa ovalifolia, originaire de l'Inde et de l'Arabie.
Un peu comme le Baobab ou Adansonia digitata, il possède de nombreuses qualités, autant thérapeutiques que culinaires, et toutes les parties de cet arbre peuvent être utilisées.
Un arbre qui se devrait d'être cultivé au Sénégal, où les médicaments et les soins de santé ans les villages sont pratiquement inexistants...
* Du site Green et Vert :
¨Un arbre pourrait aider les Africains à réagir aux crises alimentaires. Est-ce enfin la fin de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire ?
Mavis Mathabatha a planté 15 hectares d’un «arbre miracle» à Tooseng, un village dans la province pauvre du Limpopo, au nord-est de l’Afrique du Sud. Depuis trois ans, cette ancienne institutrice travaille pour que le moringa oleifera assiste sa communauté et les villages voisins. Les maux y sont nombreux: hauts taux de chômage, pauvreté, insécurité alimentaire, VIH, …
Des nutriments qui renforcent le système immunitaire !
Les effets positifs du moringa ont déjà été prouvés. Ses feuilles possèdent tellement de nutriments que les chercheurs l’ont surnommé “l’arbre supermarché”. Il contient autant de calcium que quatre verres de lait, autant de vitamine C que sept oranges, le potassium de trois bananes, trois fois plus de fer que les épinards, quatre fois plus de vitamine A que les carottes, et deux fois les protéines du lait.
Alors en 2009, Mavis a commencé à ramasser, sécher et moudre les feuilles des premiers arbres qu’elle avait plantés. Elle les saupoudra sur la nourriture de 400 enfants pauvres de la crèche «Sedikong sa Lerato». Les enfants de cette crèche viennent de foyers qui vivent avec moins de 270 euros par mois – soit la plupart des villageois. Elizabeth Serogole, la directrice de la crèche témoigne :
<<Les résultats furent immédiats. Certains enfants présentaient des signes de malnutrition, comme des plaies sur leur peau. Elles ont commencé à guérir dès qu’ils ont mangé les feuilles. Le système immunitaire et la concentration des enfants se sont renforcés avec une cuillerée de poudre par jour>>¨... (Lire la suite)
http://www.greenetvert.fr/2012/02/03/le-moringa-mieux-qu%e2%80%99un-supermarche/45808
http://www.fao.org/docrep/r7750F/r7750f04.htm
http://www.chateaudebrou.com/namibie/page14.htm
Pégé
Histoire africaine : Le 13e fils d'Ibrahima !
Je vous ai déjà raconté l'histoire du crocodile qui faisait le mort, histoire sénégalaise, où l'on retrouve, comme dans beaucoup d'autres, une leçon de vie, un message à retenir. Celle que je vais vous raconter aujourd'hui, demeure dans le même style, dans la simplicité de la vie de tous les jours...
¨Le vieux Ibrahima avait 13 enfants et 12 vaches. À ses 12 ainés, il donna à chacun d'eux une vache, et au 13e, seulement un bâton ! Il leurs dit alors << Je dois partir en voyage. Quand je reviendrai, je verrai lequel de vous est le plus méritant >>.
Les 12 premiers fils se contentèrent de soigner leur vache et de boire le lait. Mais le 13e était courageux et débrouillard. Grâce à son bâton, il tua 4 lièvres qu'il vendit. Avec l'argent, il acheta un coupe-coupe qui lui permit de défricher le champs du chef. En récompense, le chef lui donna un arc et des flèches. Parti à la chasse, il tua 4 antilopes et 25 pigeons qu'il alla vendre à la ville.
Alors il entreprit une campagne de pêche. Il travailla jour et nuit. Il prit une telle quantité de poissons que lorsqu'il eut tout vendu, il put s'acheter 12 vaches.
C'est alors que le vieux Ibrahima revint au village et rassembla ses fils. Merci, dit-il aux 12 premiers. Vous avez rendu chacun votre vache en bon état. Vous avez respecté le bien familial comme il se devait. Puis, s'adressant au 13e fils << Mais toi, tu as su, par ton intelligence et ton courage, faire fructifier le patrimoine. Tu n'avais qu'un bâton et pourtant, tu me rapportes autant de vaches que tes 12 frères. Je te prédis un avenir heureux car l'avenir n'appartient pas à celui qui ne fait que le maintenir, mais à celui qui progresse >>¨.
Fricot
Une saison des pluies à St-louis !
Il ne pleut pas souvent à St-Louis, une fois par année, en moyenne de 250 à 300 mm, mais la pluie arrive parfois en gros orages et là, compte-tenu de la situation géographique de la ville, c'est-à-dire basse, et souvent du piètre état de la chaussée, son parcourt devient souvent impraticable, autant pour les véhicules que pour la population... et que dire de certains quartiers où l'on y construit des maisons malgré les inondations régulières à chaque saison!
Cette saison est appelé également ¨hivernage¨, et les paysans en profitent pour y partir leurs récoltes car, à par quelques parcelles limitées en étendu, comme un jardin, les grandes étendus cultivés, n'ayant aucun système pour arroser en période sèche, seule la nature peut y pourvoir, et encore, c'est toujours aléatoire pour les paysans. Certaines années, il y a trop peu d'averses et d'autres années, c'est le contraire, et là, tout est inondé !
¨La saison des pluies commence fin juin et se termine en octobre. Elle est chaude et humide. C'est le moment des orages, au plus une fois par semaine. Ainsi, les années 2009 et 2010 auraient été catatrophiques pour la ville, et heureusement, celle de 2011 a été dans la normalité¨
Et lorsque les premières pluies commencent, après un arrêt d'environ 8 mois, une odeur d'urines, de déchets putréfiés agressent les odorats sensibles... car il faut vous dire que pour plusieurs résidents de la ville, uriner un peu partout leurs semble tout à fait normal, et bien entendu, dès l'arrivée de ces pluies, ce concentré se dilue rapidement dans l'atmosphère !
J'avais également à continuer mes voyages quotidiens en brousse, mais certains jours, la chaussée était tellement en mauvais état que je devais renoncer à l'utiliser, car j'aurais risqué de graves problèmes de suspension mécanique sur mon petit camion...
Une de ces journées où je me rappelle un rendez-vous dans un certain village... Je m'aperçois qu'une partie du chemin est bordée d'eau... je m'engage tout de même, mais rendu à quelques dizaines de mètres, plus de chemin mais que de l'eau, et j'ai très peu d'espace pour faire demi-tour ! Comme deux homologues étaient avec moi, le risque devenait un peu moins élevé, et au pire, ils pouvaient pousser le camion s'ìl devenait embourbé. Heureusement, tout se passa bien, et bien entendu, notre rencontre fut annulée...
Un quartier de la ville particulièrement bas, côté niveau, devenait presque entièrement recouvert d'eau, et pour aller chercher l'un de mes homologues pour une sortie journalière, je devais laisser le camion très éloigné de ce secteur, et utiliser un trottoir de fortune mis en place par les résidents pour le rejoindre... Et tout autour, ce n'était qu'un cloaque de détritus où la salubrité y faisait certainement défaut !
Et pour mettre un côté positif au paysage, surtout en campagne, la verdure revenait, des fleurs éphémères, une herbe bien verte, rajoutant un colorie joyeux dans ce beau paysage sénégalais...
http://www.saintlouisdusenegal.com/geographiedesaintlouis.php
Fricotin









